Le sexisme est une forme de discrimination qui repose sur la distinction axiologique, naturelle ou non, de plusieurs genres sexuels ; ce terme recouvre ainsi des traditions, des comportements et des idéologies qui posent une différence de statut et de dignité entre l'homme et la femme. Dans la mesure où le sexisme définit le rapport hiérarchique ou non des deux sexes, c'est une forme de catégorisation sociale, morale, politique, religieuse, philosophique, économique, qui impose des normes de comportements aux deux sexes, et dont les deux sexes peuvent également souffrir ou jouir.
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L'affaire Sohane Benziane fait suite au meurtre par immolation d'une jeune fille, en 2002.
Sohane a été découverte inanimée, gravement brûlée, le 4 octobre 2002, dans un local à poubelles de la cité Balzac, à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne (94). Elle gisait inanimée, gravement brûlée. Elle est décédée quelques temps après à l’hôpital. Sohane Benziane était une jeune fille de 17 ans qui habitait le quartier.
L’auteur présumé du meurtre, un jeune homme âgé de 19 ans au moment des faits, aurait agit par "dépit amoureux". Décrit comme un petit caïd de la cité, l’adolescent avait préparé son coup : sorte d'expédition punitive avec témoins pour faire exemple.
Ce meurtre et ses circonstances particulièrement violentes ont eu un fort retentissement médiatique, choquant fortement l'opinion publique, et levant une importante vague de protestation contre la situation parfois dramatique vécue par les jeunes femmes face au machisme ou au sexisme, notamment en banlieue. Sohane est devenue le symbole des souffrances que subissent les jeunes filles des cités qui se battent contre le machisme parfois extrême dont elles sont l’objet.
C’est en mémoire de Sohane que Vitry-sur-Seine fut choisie comme point de départ de "La marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l’égalité" qui traversa la France en février 2003, pour aboutir à l'importante manifestation nationale du 8 mars 2003 (près de 20 000 personnes ont manifesté dans les rues de Paris leur soutien à la révolte des femmes victimes de la violence machiste), et consacrant la naissance de l'association Ni putes ni soumises.
Une plaque commémorative a été placée en sa mémoire, au pied de la tour où vivait la jeune fille. Mais, régulièrement profannée par les riverains, refusée par la mairie de Vitry qui s'opposait à ce qu'y soit indiquées les circonstances de sa mort, cette plaque a du être temporairement hébergée au cimetière parisien du Montparnasse. Ce n'est que trois ans après, grâce notamment au soutien de la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF), que la plaque en mémoire de Sohane a enfin retrouvé sa place, officiellement inaugurée le 4 octobre 2005, en présence de sa sœur Kahina Benziane. Cette plaque définitive porte l'inscription : « À la mémoire de Sohane, morte brûlée vive. Pour que garçons et filles vivent mieux ensemble dans l'égalité et le respect. Sohane Benziane 1984-2002. »
Le maire de Vitry-sur-Seine a inauguré une esplanade Sohane Benziane, et depuis le 21 janvier 2006, un centre d'animation parisien porte également son nom.
Le procès du meurtrier de Sohane, Djamel Derrar, a eu lieu du 31 mars au 7 avril 2006, à la Cour d'Assises de Créteil (Val-de-Marne). Il a été condamné à 25 ans de prison pour "actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et son complice Tony Rocca à 8 ans au terme de six heures de délibérations
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Aujourd’hui les colonnes de faits divers croulent sous les actes sexistes. Tournantes, insultes, séances de tortures… Le sexisme, ça devient grave surtout quand c’est en passe de devenir la marque distinctive de ta génération. Un point sur le malaise.
Le sexisme c’est quoi ?
"Attitude de discrimination fondée sur le sexe", c’est la définition du dico. Les principales victimes : les filles et dans une moindre mesure les homos. En bref, le sexisme, c’est casser ceux qui ne sont pas du même sexe que toi ou qui n’ont pas la même sexualité que toi.
Ca prend quelles formes ?
Sohan brûlée vive dans une cave à Vitry, Fiona (12 ans) battue à mort et noyée dans la Deûle, une autre jeune fille violée 66 fois… Ca c’est les gros titres et tu te sens pas forcément concerné(e) parce que ça n’arrive qu’aux autres. Mais la pression quotidienne, par exemple ce contrôle permanent de la cité qui oblige les filles à veiller sans relâche à leur réputation, ça n'arrive qu'aux autres ?
"Pour pas me faire insulter en allant au bahut, je porte toujours un grand pull et je mets mes cheveux devant la figure pour qu’on voit pas trop mon visage, dès que t’es maquillée ou que tu portes une jupe, tu te fais traiter de pute ou de salope".
Etiquetées comme de vulgaires produits de supermarchés, les filles sont soit respectables -ça c’est en général réservé à ta mère et ta sœur et à celles qui rasent ddllement les murs qui séparent leur bahut de chez elle qu’elles en deviennent invisibles– soit des putes, c’est à dire le reste des filles donc à peu près toutes !!!
"Dans certaines banlieues, seules les filles voilées peuvent sortir sans risque. Les autres doivent développer de vraies stratégies d’évitement pour ne pas tomber sur un groupe de mecs." raconte H. Orain de la Fédération des maisons des potes. Là où ça se corse c’est avec les squales, ces filles qui pour éviter tout affrontement sont devenues des mecs. Elles parlent comme eux, s’habillent comme eux et… insultent les filles comme eux !
D’où ça vient ?
C’est complexe car plusieurs paramètres s’entremêlent : La rue, la tradition, le fric, les médias…
Pour Nassera Oussekine, présidente de l’assos' féministe Voix d’Elles Rebelles, les garçons semblent coincés entre le respect d’une certaine tradition machiste et patriarcale qui n’est pas vraiment en phase avec la société actuelle et la révolte de leurs sœurs ou de leurs copines.
Selon elle, le fric a aussi son rôle à jouer là dedans… Et oui ! Une fille pas intégrée, qui ne bosse pas, est à la merci de ses parents et de la cité. Ça peut aller du contrôle de virginité jusqu’au mariage forcé…
A ça, se surajoute une overdose d’images de cul véhiculées par les médias et les pornos stars souvent rabaissantes pour la femme (du genre le mec doit choper la nana par les cheveux et lui éjaculer sur la figure après une fellation). Il y a aussi le fait que les structures publiques soient plutôt fréquentées par les garçons : terrain de sport, MJC etc… Du coup la cité se masculinise.
Où ça va ?
Les différences de maturité et de rythme de la puberté sont aussi mises en cause. Les filles sont matures sexuellement beaucoup plus tôt que les garçons, elles ne se posent pas les même questions que les mecs au même âge, et donc filles et mecs du même âge n’auraient rien à faire ensemble au bahut. Du coup ça relance aussi le débat sur la mixité à l’école… Certains pensent que ces insultes sexistes qui font rage dans la cour de récré sont un frein à la scolarité et proposent de revenir aux écoles unisexes de tes grands-parents !
Ça relance aussi les combats féministes qu’on croyait gagnés : le droit de s’habiller comme on veut sans se faire traiter de pute, le droit à une sexualité épanouie et décomplexée.
En bref, ça nous fait un retour en arrière d’environ 40 ans !!!
Et l’amour dans tout ça ?
"Afficher une relation amoureuse c’est pour un mec se montrer dans une relation de faiblesse et pour une fille passer pour une pute"… confie une infirmière scolaire. "Il y a 20 ans les filles venaient me voir pour un chagrin d’amour, aujourd’hui c’est parce qu’elles se font insulter à longueur de journée".



Espérons que ça fera réfléchir ceux qui se croient encore au Moyen-Age 




Enfin c'est dingue que les différences de traitement restent aussi importantes au 21ème siècle : représentation, salaires... 
